DEUX VRAIES MESURES POLITIQUES POUR LUTTER CONTRE
LA PAUVRETE ET L’EXCLUSION
Le Comité Pauvreté et Politique propose deux mesures politiques fortes contre la pauvreté en Europe :
1°) A l’instar des 4 critères économiques et financiers du traité de Maastricht, inscrire dans le traité de l’Union Européenne une obligation mesurable et assortie de sanctions économiques afin de contraindre les Etats Membres à réduire, année après année, leur taux de pauvreté. Cette obligation serait mesuré à partir des indicateurs élaborés par le Programme des Nations Unies Pour le Développement Humain (PNUD). (1)
2°) Publier un rapport de la Commission européenne voté chaque année au Parlement Européen sur les progrès des Etats membres.
Avis des principaux partis politiques français : Bonne idée ( voir leurs lettres ci-dessous).
En tant que journaliste, si cet angle original vous intéresse pour aborder la journée du 17 octobre, nous vous proposons :
- de recevoir plus d’informations sur nos propositions : (Contacter : Bertrand de Kermel Tél/fax :
33 (0)3 44 26 56 07, e-mail : pauvrete.politique@9online.fr, ou Gabriel Vialy Tél/fax : 33 (0)1 40 85 17 32, e-mail : Gabvialy@aol.com).
- de nous rejoindre sur notre site internet : (pauvrete-politique.com) Vous y trouverez notamment deux notes (juillet et septembre 2001) contenant les arguments détaillés en faveur de nos propositions, la manière dont elles pourraient être mises en place concrètement, et le détail des indicateurs de pauvreté élaborés par le PNUD.
de faire mention de la pétition déposée au Parlement Européen (voir notre site internet )
de vous investir plus directement en adhérent à notre comité (voir bulletin d’adhésion sur le site internet)
L’ACCORD : LE REFUS DE LA MISERE EST UNE CAUSE MONDIALE.
Grâce à la pugnacité du Père Wresinsky , prêtre inconnu issu d’une famille très pauvre, le 17 octobre a été déclaré " journée mondiale du refus de la misère " par l’ONU, par décision de l’assemblée générale des nations unies du 22 décembre 1992. Cette date a été choisie en référence à la journée du 17 octobre 1987, où eut lieu à Paris, à l’initiative d’ATD Quart Monde et du Père Wresinsky, un grand rassemblement de cent mille défenseurs des droits de l’Homme, au cours duquel fut inauguré une dalle posée sur le parvis du Trocadéro. Sur cette dalle, est gravée l’inscription suivante : " Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’Homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré ".
LE SCANDALE : LA PAUVRETE ET L’EXCLUSION AUGMENTENT PARTOUT
Il y a déjà 14 ans. Pendant ces 14 années, la pauvreté et l’exclusion n’ont cessé d’augmenter entre pays riches et pauvres, et au sein de nos pays développés... Cela ne peut plus durer, où alors effaçons la phrase gravée sur la dalle du Trocadéro. Ce sera moins hypocrite.
LE DANGER : UN RISQUE GRAVE POUR L’EQUILIBRE DES SOCIETES.
Les gouvernements doivent rapidement infléchir cette situation.
D’abord au nom des droits de l’homme,
Ensuite, parce que des centaines de milliers d’exclus, c’est aussi des centaines de milliers d’intelligences inemployées, des centaines de milliers de familles qui se destructurent, des centaines de milliers d’enfants qui ne feront pas d’études, etc...
Enfin, parce que cela est très dangereux pour l’avenir. Chaque Homme a besoin d’exister à ses yeux et aux yeux de ses semblables. Si la société le rejette par ce qu’il n’a pas sa place dans l’économie, parce qu’il n’est pas assez fort pour lutter, parce qu’il ne ressemble pas aux autres, alors il se tournera vers ceux qui lui offriront cette reconnaissance. Les sectes, les mafias, les terroristes se préparent à ce rôle. La violence, est au bout du chemin…
L’ACTION A CONDUIRE : TRAITER LE PROBLEME AU NIVEAU POLITIQUE
Le Comité Pauvreté et Politique, association Loi 1901 créé en 1994, propose deux mesures européennes qui auront pour effet d’engager tous les gouvernements européens à considérer la lutte contre la pauvreté et l’exclusion comme une priorité européenne. C’est loin d’être cas chez certains Etats Membres, qui pratiquent allègrement le dumping fiscal et social.
Nous suggérons de traiter la pauvreté et l’exclusion à partir d’un cadre européen, sur le modèle des règles concernant que les questions financières et économiques. Ni plus ni moins. Pour cela, et par analogie avec le traité de Maastricht, nous proposons d’insérer dans le traité de l’Union Européenne :
un cinquième critère de convergence, dit de développement humain, prévoyant l’obligation, pour tous les Etats membres, de réduire chaque année leur taux de pauvreté, mesuré par exemple selon les indicateurs retenus par le Programme des nations Unies pour le Développement Humain (PNUD), assorti de sanctions en cas d’échec.
un article prévoyant l’obligation, pour la Commission Européenne, de présenter chaque année un rapport faisant le point de la situation de chaque Etat Membre notamment dans les domaines de l’économie, de la finance publique, du chômage et de la pauvreté. Ce rapport annuel fera l’objet d’un débat au Parlement Européen.
Vous trouverez sur notre site internet (pauvrete-politique.com) deux notes (juillet et septembre 2001) qui contiennent l’ensemble de nos arguments, et surtout le détail des fameux indicateurs du PNUD. Naturellement, nous pouvons vous les envoyer par courrier sur simple demande.
L’AVIS DES POLITIQUES : BONNE IDEE
Le 20 mai dernier, nous avons interrogé tous les partis politiques français, sur ces deux propositions. Leurs réponses sont les suivantes : (voir leurs lettres ci-après)
Les " pour " :
Droite Libérale Chrétienne (DLC),
Forum des Républicains Sociaux (FRS),
Les Verts,
Nouvelle Donne,
Parti Communiste Français (PCF, qui estime qu’il faut néanmoins aller plus loin),
Parti Socialiste (PS),
Rassemblement Pour la République (RPR) ,
Union Pour la Démocratie Française (UDF),
Les " contre "
Lutte Ouvrière (LO) ,
Mouvement des Citoyens
Parti radical de Gauche
Ceux qui n’ont pas répondu :
Démocratie Libérale (DL),
Front National (FN),
Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR),
Mouvement Pour la France (MPF),
Mouvement National Républicain (MNR)
Rassemblement Pour la France et l’Indépendance de l’Europe (RPFIE),
On observe que les partis représentant l’écrasante majorité des français sont " pour ".
Rien ne s’oppose donc désormais à ce que La France soutienne cette idée sur la scène européenne et internationale. Le chemin sera long. Il est parsemé d’obstacles. Il faudra faire face au scepticisme, à l’ironie, au mépris, et à l’opposition farouche de ceux que cette mesure dérangera. Il faudra avoir le courage d’aller à contre courant des idées dominantes. Accepter d’échouer provisoirement, voire de retarder un peu la construction européenne, tant que cette mesure ne sera pas acceptée par tous. N’importe quel citoyen peut comprendre ces difficultés. Aucun Chef d’Etat français ne se déshonorera même s’il ne réussit pas immédiatement. Chacun connaît la difficulté de négocier à 15.
La fuite en avant actuelle, et son cortège de mauvais compromis ramenés au plus petit dénominateur commun ne sont plus dignes d’un grand projet européen. Les peuples le sentent, qui prennent de plus en plus de distance avec la construction européenne, l’assimilant à la mauvaise mondialisation qui se construit jour après jour, sans projet humaniste global.
L’essentiel n’est-il pas de fixer une direction, et de s’y tenir, quelles que soient les obstacles ?
LES AVANTAGES DE CES MESURES : NOMBREUX ET IRREVERSIBLES
Parmi les principaux avantages de notre proposition soulignons que :
1 - C’est tout d’abord un filet de sécurité qui fixe la limite au dessous de laquelle la société civile refuse de descendre, au nom de la Loi des marchés. Ce n’est tout de même pas indécent ! Surtout si l’on considère l’évolution de la pauvreté depuis 20 ans.
2 – Elle ne remet nullement en cause les actuels plans nationaux de lutte contre la pauvreté. Au contraire, elle les place dans un cadre européen contenant une obligation de résultat, leur donnant le maximum de chances de réussir. Elle rassure ceux qui expriment de sérieux doutes sur l’efficacité de l’agenda social décidé au Sommet de Nice. Cet agenda social est un engagement de bonne volonté des Etats, mais il ne contient aucune sanction, même minime, en cas d’échec. Avec ce cinquième critère de convergence, et le rapport annuel de la Commission Européenne, présenté au Parlement Européen, cet agenda social prend une toute autre valeur.
3 - Elle donne du sens à la construction européenne et à l’action politique. C’est indispensable, car il faudra aller plus loin. La lutte contre la misère doit se livrer au niveau planétaire, comme le souligne en permanence Kofi Anan. Comment les pays développés peuvent-ils donner des conseils aux pays du sud, si eux même ne veulent pas prendre le risque de s’engager fermement chez eux ?
4- La prochaine adhésion des pays de l’Europe Centrale et Orientale à l’Union Européenne rend cette proposition encore plus d’actualité. S’ils ont l’obligation, eux aussi, de réduire chaque année leur taux de pauvreté, sans doute devront-ils limiter le dumping social et fiscal auquel se livrent encore certains pays de l’Union Européenne, dont le taux de pauvreté compte parmi les plus élevés (Royaume Uni, Irlande).
5– Rappelons que cette proposition s’inscrit dans le principe de subsidiarité, s’agissant d’une obligation de résultat et non de moyens. De ce fait, elle est totalement cohérente avec le libéralisme. Surtout, elle est LISIBLE par les citoyens, et de nature à leur redonner confiance dans la politique. Elle amplifierait les effets des dispositions légales nationales de lutte contre l’exclusion, en les replaçant dans un cadre européen, qui correspond à la réalité économique et sociale d’aujourd’hui.
6– Enfin, si elle veut poursuivre son rayonnement, l’Europe doit se forger une identité et une personnalité originale dans le monde. Elle ne doit pas être confondue avec le Continent Américain, l’Asie ou l’Afrique.
En montrant sa volonté farouche et irréversible de lutter contre l’un des fléaux de notre siècle ( la pauvreté), de corriger l’une des grandes faiblesses du système économique mondial, elle se donnera une crédibilité qui lui permettra d’entraîner dans son sillage les autres continents.
N’oublions pas que les membres de l’ONU ont pris l’engagement de réduire de moitié l’extrême pauvreté sur la planète d’ici 15 ans. Difficile de tenir cet engagement, tant qu’il existera un quart monde dans nos pays développés.
LA VALEUR D’UNE SOCIETE OU D’UNE CIVILISATION SE JUGE A LA PLACE QU’ELLES ACCORDENT AUX PLUS FRAGILES DE LEURS MEMBRES
(1)- Au moment où nous écrivions ces lignes, nous présentions notre proposition sous la forme d’une cinquième critère de convergence, à inscrire en complément des critères de convergence du traité de Maastricht.
En réalité, sur le plan technique, notre proposition peut prendre une forme différente.
L’essentiel est donc de retenir l’idée d’une obligation mesurable et contraignante, et non pas la solution technique du critère de convergence au sens juridique du terme.
De toutes façons, lorsque la décision politique sera prise la solution technique ne posera aucune problème.